TRAPPES, une ville de 31 000 habitants en bordure de la route nationale 10, à 30 kilomètres de Paris. Une des sept communes de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, rescapée prospère et dynamique des projets d'urbanisme hors-sol de la fin des années 70. Accolée à cet ensemble uniforme de villes jumelles et perméables fourmillant de rues piétonnes et de galeries commerçantes, tailladées par les échangeurs routiers qui relient les centres administratifs aux zones industrielles en perpétuelle reconfiguration, desservies par une myriade de ronds-points reliant pavillons et résidences verdoyantes, la ville de Trappes fait figure d'intruse. De point noir, d'abcès pour certains qui voient dans cette ville rouge la commune de tous les dangers, la plaie miséreuse et misérable qui, avec Mantes-la-Jolie ou Les Mureaux, par exemple, balafre le paysage tranquille et luxuriant du petit pays sage des Yvelines.
« Trappes, la ville qui bouge. » Ainsi s'affichait l'équipe municipale dans le slogan qu'elle avait retenu en 1992. « Trappes, la ville qui tue », avaient aussitôt tagué certains sur les murs du commissariat. Comme pour rétablir l'équilibre, le fragile équilibre d'une ville qui oscille entre le meilleur et le pire.